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REVOLTE

Révolte

la poudre de mes mots se mouille à mesure que le temps fait
et défait le calcul de moi-même
effaçant mon ardoise où je cherchais le signe égal
de ma vie baladeuse

et c’est une œuvre ouverte sur un nœud de viscères
que cette langue enfin dépouillée de son surplus d’azur

et c’est ma mort qui soudain se proclame
le héros de mes fièvres
le héraut de mes jours
la règle de ma trace

l’amour même se dédit à trop aimer sans aimer
et le cœur à trop travailler sans vivre
la nuée d’espoirs qui nous fut confiée
dans le secret de nos vingt ans

il n’est même plus de point d’exclamation pour terminer mes phrases

ni mettre au cul de mes blasphèmes
et le mot cul dans un poème est la dernière pitoyable foudre de ma nuit

bon dieu

quand il faudrait des mots immenses
la braise du mot poivre
et légèreté du mot plaire
partir au mot désir
et ne craindre le feu ni l’ivresse

oh c’est une lâche fleur qui pousse à l’ombre de sa place
qu’on offre au déclin de sa force
pour excuser la peur

comment
une vie si chétive peut-elle encore maigrir
et garder un si puissant désastre

non

mes notes soient des pierres
je ne jouerai plus l’hymne facile de la tranquillité

MADRID

Madrid

madrid aux mains plus fières
es-tu homme ou femme ou le cœur qui les unit
es-tu l’œil rouge du drame
ou la fleur jaune de l’oubli

on te dit triste comme la terre
et fou comme le ciel
es-tu homme ou femme ou le cœur qui les unit

plus dure que l’amour
plus tendre que l’amitié

madrid aux mains plus fières
tu es la pierre qui bat sous le sein de ma liberté

JOURS PAUVRES

Jours pauvres

de la pénible ardeur et sa combustion délétère
au rasoir des murs
d’une feuillée d’orage sur les orgues de l’aurore
à la ruine du visage
en fête
que j’ai de jours perdus

perdus à moi comme la pomme à l’arbre
qui mûre en sa timidité
se donne au stupre des oiseaux

perdus au moulin d’être et d’avoir qui de nos joies tapageuses
fait la poudre ennuyeuse que pétrit un poème

perdus à écouter les trilles que tire sur son violon jaune
le jour aux archets de lumière
à planter dans la boue des heures folles
tous les piquets de ma grandeur

à décorer la chambre de mon cerveau

perdus quoiqu’un passé plus grand que ses hiers
soit ce qu’un sage à l’autre abdique
et ce que l’autre à soi relève

tant pis
tant mieux
tant mieux
tapis