REVOLTE

Révolte

la poudre de mes mots se mouille à mesure que le temps fait
et défait le calcul de moi-même
effaçant mon ardoise où je cherchais le signe égal
de ma vie baladeuse

et c’est une œuvre ouverte sur un nœud de viscères
que cette langue enfin dépouillée de son surplus d’azur

et c’est ma mort qui soudain se proclame
le héros de mes fièvres
le héraut de mes jours
la règle de ma trace

l’amour même se dédit à trop aimer sans aimer
et le cœur à trop travailler sans vivre
la nuée d’espoirs qui nous fut confiée
dans le secret de nos vingt ans

il n’est même plus de point d’exclamation pour terminer mes phrases

ni mettre au cul de mes blasphèmes
et le mot cul dans un poème est la dernière pitoyable foudre de ma nuit

bon dieu

quand il faudrait des mots immenses
la braise du mot poivre
et légèreté du mot plaire
partir au mot désir
et ne craindre le feu ni l’ivresse

oh c’est une lâche fleur qui pousse à l’ombre de sa place
qu’on offre au déclin de sa force
pour excuser la peur

comment
une vie si chétive peut-elle encore maigrir
et garder un si puissant désastre

non

mes notes soient des pierres
je ne jouerai plus l’hymne facile de la tranquillité

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